Nous traitons ici d’un enjeu systémique. Redonner à l’activité physique libre sa juste valeur, c’est investir dans la prévention de long terme, dans la qualité de vie individuelle et collective, et dans le bien-être des générations futures.
Des initiatives émergent partout : prescription de l’activité physique adaptée en médecine de ville (loi sport-santé 2016), mobilités actives valorisées dans les plans de santé urbaine, écoles axant leurs rythmes sur le mouvement, associations de quartier qui créent du lien par la marche ou le jeu. Le fil rouge de ces démarches ? Un accès à la santé par le mouvement, fondé sur la diversité, la régularité, l’autonomie—et non sur les standards parfois exclusifs du sport institutionnel.
Les prochaines années verront probablement s’intensifier ce changement de regard. Émergence de “prescripteurs” non-professionnels (ambassadeurs du mouvement, pairs aidants, animateurs santé), urbanisme orienté vers les déplacements actifs, programmes prévention/santé adaptés à chaque étape de la vie… autant de pistes pour ancrer durablement l’activité physique libre dans nos cultures et nos espaces de vie.
Repenser notre façon de bouger, ce n’est pas seulement répondre à une urgence sanitaire, c’est aussi ouvrir la voie à de nouvelles formes de plaisir, d’exploration, de solidarité et d’autonomie. Le mouvement, sous toutes ses formes, reste avant tout un droit universel et un levier majeur de santé publique : à nous, collectivement, de le remettre au cœur de nos vies.
- Sources :
- Organisation mondiale de la Santé, “Recommandations sur l’activité physique”, 2020
- Santé Publique France, Baromètre Santé 2020
- INSERM, Expertise Collective Sédentarité, 2019
- JAMA Network Open, “Associations Between Daily Steps and Mortality”, 2021
- The Lancet Psychiatry, “Physical activity and mental health”, 2018